Études nécessaires pour créer son entreprise : meilleur diplôme à choisir ?

47 % des entrepreneurs français n’ont jamais mis les pieds dans un cursus dédié à la gestion ou à l’entrepreneuriat. Pendant que certaines écoles imposent des modules de création d’entreprise dès la licence, d’autres préfèrent que leurs étudiants affrontent la réalité du terrain avant de leur transmettre la moindre notion théorique. Entre les deux, des milliers de porteurs de projet tracent leur propre route.

Le fameux diplôme d’école de commerce fait beaucoup parler de lui, mais il n’a pas le monopole de la création. En marge des parcours classiques, nombre de formations universitaires ou techniques, parfois insoupçonnées, ouvrent elles aussi des portes à celles et ceux qui veulent bâtir leur entreprise.

Créer son entreprise : faut-il vraiment un diplôme pour se lancer ?

En France, on peut devenir entrepreneur sans présenter le moindre diplôme. La loi ne met aucune barrière universitaire à l’entrée dans l’arène entrepreneuriale, sauf pour quelques secteurs bien encadrés. Les métiers de l’artisanat, les activités libérales, la santé ou encore le bâtiment exigent, eux, des qualifications précises. Dans ces domaines, il faudra montrer patte blanche : diplôme spécifique, ou expérience professionnelle reconnue, pour obtenir le droit d’exercer. Pour le reste, tout reste ouvert. Chaque candidat peut se lancer, quel que soit son parcours académique.

Les profils sont aussi divers que les projets. Ingénieurs, juristes, autodidactes, étudiants venus des sciences sociales ou des arts… Tous peuvent accéder au statut d’entrepreneur par des chemins parfois inattendus. Parfois, une compétence technique suffit. Ailleurs, c’est la gestion qui prend le dessus. Mais dans la plupart des cas, il faut maîtriser un socle de savoirs transversaux : droit, finance, marketing, gestion d’équipe. Pour s’adapter à ces besoins, les chambres de commerce et d’industrie (CCI) ou les chambres des métiers et de l’artisanat (CMA) proposent des modules à la carte, taillés pour la réalité de chaque secteur.

Pour les étudiants, le statut national d’étudiant-entrepreneur facilite le passage à l’acte. Ce statut permet de tester une idée tout en poursuivant ses études. Les universités, épaulées par les pôles Pépite, ont mis en place un accompagnement spécifique à la création d’entreprise, sans condition de parcours préalable. Au final, la création d’entreprise se nourrit de parcours multiples et d’expériences variées, mais aussi, et surtout, d’une volonté de faire bouger les lignes.

Panorama des formations et parcours pour futurs entrepreneurs

Les voies pour apprendre à entreprendre se sont démultipliées, au rythme de l’évolution du monde de l’entreprise. Aujourd’hui, plusieurs scénarios s’offrent à ceux qui rêvent de créer : du baccalauréat au MBA, en passant par des cursus courts ou très spécialisés. Dès la sortie du lycée, le BTS et le BUT proposent des bases concrètes en gestion de PME, idéales pour s’immerger dans la réalité du terrain. Les licences professionnelles permettent une première spécialisation, notamment dans l’innovation ou la conduite de projets.

Les universités et les IAE ont, elles aussi, développé des parcours dédiés à l’entrepreneuriat. Le master « entrepreneuriat et management de projets » associe apprentissage théorique et ateliers pratiques. Les écoles de commerce, HEC, EM Strasbourg, Grenoble Ecole de Management, déploient des programmes taillés pour la création et l’innovation, avec accompagnement personnalisé à la clé. Certaines formations, comme le diplôme d’étudiant-entrepreneur, s’ouvrent dès le niveau bac, permettant d’expérimenter un projet en parallèle du cursus classique.

À côté de ces parcours, d’autres solutions émergent. Bootcamps, modules intensifs, cours en ligne : l’offre s’adresse aussi à celles et ceux qui veulent acquérir rapidement des compétences en marketing, finance, droit ou management. Un créateur pressé peut opter pour une formation courte, sur place ou à distance. D’autres choisiront un cursus long pour structurer leur démarche. Paris, Strasbourg, Grenoble, Berlin : dans ces villes, les dispositifs abondent, preuve de la vitalité de l’offre et de la créativité des pédagogies.

Quels diplômes privilégier pour maximiser ses chances de réussite ?

Devant la diversité des trajets possibles, la question du diplôme idéal dépend d’abord du projet que l’on porte et du secteur visé. Si aucun titre n’est imposé pour lancer une entreprise (hors les métiers réglementés), certains cursus apportent une réelle valeur pour structurer une démarche entrepreneuriale.

Les licences professionnelles métiers, les masters entrepreneuriat ou les programmes spécialisés en management et innovation constituent des bases solides. Les écoles de commerce multiplient les options, avec des modules en gestion, marketing, communication ou ressources humaines. À l’université, les IAE proposent des masters axés sur l’entrepreneuriat ou l’innovation, qui conjuguent théorie et mises en situation concrètes.

Voici les principaux diplômes et parcours qui structurent aujourd’hui le champ de l’entrepreneuriat :

  • BUT et licences professionnelles : une porte d’entrée opérationnelle pour piloter un projet ou une PME.
  • Master entrepreneuriat, management, innovation : pour approfondir la stratégie et accompagner la croissance d’une structure.
  • Diplôme étudiant entrepreneur : accessible dès le bac, il donne la possibilité de tester la création d’entreprise tout en poursuivant ses études.

Au-delà du diplôme, tout se joue aussi sur les qualités humaines. Créativité, sens de l’organisation, audace, capacité à s’entourer… Ces soft skills, alliées aux compétences techniques, font souvent la différence sur le terrain de l’entrepreneuriat.

Homme diplômé souriant sur le campus universitaire

Ressources et accompagnements pour transformer ses études en projet concret

Se lancer dans la création d’entreprise ne s’improvise pas. Aujourd’hui, les étudiants porteurs de projet bénéficient d’un solide réseau d’accompagnements. Présents dans la plupart des grandes villes, les incubateurs universitaires et territoriaux proposent mentorat, ateliers, espaces partagés, et parfois même un soutien financier. Ces structures jouent un rôle moteur : elles permettent de rencontrer des experts, d’échanger avec d’autres créateurs, et de faire grandir son idée dans un environnement stimulant.

Les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) mettent à disposition des formations ciblées. Parmi elles, les « 5 jours pour entreprendre » ou le stage de préparation à l’installation (SPI) pour les métiers artisanaux. Ces dispositifs abordent les aspects concrets de la gestion, du droit, du marketing, ou encore de la stratégie, en collant au plus près du terrain.

Côté numérique, des plateformes comme OpenClassrooms, LiveMentor, CréActifs ou Udemy proposent des modules en ligne, disponibles à distance, parfois gratuits et parfois éligibles au Compte Personnel de Formation (CPF). Pour répondre à des situations spécifiques, France Travail (ex-Pôle emploi) propose aussi des dispositifs d’aide à la création d’entreprise, comme le dispositif Nacre ou le maintien de l’ARE durant la formation.

L’accompagnement ne s’arrête pas là : l’ONIFF-PL cible les professions libérales, l’ADIE facilite l’accès au microcrédit et la formation pour les entrepreneurs éloignés de l’emploi. Bpifrance complète le paysage avec ses parcours PME et ses réseaux d’accélérateurs. Les futurs créateurs disposent ainsi d’un arsenal d’outils pour transformer leurs études en projet concret, que ce soit dans l’entrepreneuriat classique ou l’innovation.

Créer son entreprise ne se résume pas à obtenir un diplôme, mais à oser passer le cap, s’entourer et saisir les ressources disponibles. L’aventure commence là où s’arrête la théorie, sur le terrain, face aux choix, et à la volonté de bâtir quelque chose qui compte.